PALIMPSESTE

Leurs_territoires_intérieurs_-_1.jpg

Dans un monde en perte de signification de la matérialité du corps qui nous oblige à trouver des interstices de vie pour nous reconnecter, la photographie argentique et expérimentale, telle que les deux photographes la pratiquent, met en scène le passage vers leurs mondes intérieurs et leur permet d’être dans un rapport au corps entier et direct. Le geste de la mise en forme photographique nécessite une incorporation et une intention précises.  

À cet instant, le corps devient le véhicule qui permet de matérialiser l’œuvre dans son existence propre. La lumière devient acte graphique et les traits œuvrent à créer une nouvelle histoire.

Dans ce réseau d’images, une dynamique s’installe entre les photos, et les accidents résultant du processus de superpositions et d’associations se marquent comme une écriture entre les lignes, un écart qui apporte un signifiant autre. Le jeu entre les différentes lectures possibles ouvre aux questions de temporalité et de passage, à celles du féminin et du corps, dans sa matérialité et sa géographie intérieure. L'ensemble de l'œuvre oscille entre étrangeté et familiarité. Là où se manifeste la porosité des frontières entre les images, entre l'intérieur et l'extérieur, entre l’ombre et la lumière.